Hola Compañeros y Compañeras !
Voici mon premier livre en langue espagnole.
Asombroso
¿no?
Hola Compañeros y Compañeras !
Voici mon premier livre en langue espagnole.
Asombroso
¿no?
Chaque dimanche, une foire aux puces (feria de las pulgas) s'installe
sur l'Avenue Argentina, juste à côté du Congreso Nacional. J'y suis allé cet après-midi avec JJ, et je n'ai pas été déçu : on y trouve vraiment de tout !
Ce qu'on a ramené :
- un lot de cintres
- un porte-manteau
- des chaussettes bien chaudes pour les dures nuits d'hiver
- des vis, équerres et charnières pour bricoler un meuble dans mon nouveau logement
- une paire de bottes en cuir noir, avec fermeture éclair latérale, pour compléter la tenue "Mad Max" de JJ
- de la mousse à raser
- du produit pour bain de bouche
- une ceinture
Ce qu'on aurait pu ramener :
- un perfecto ou un pyjama chinois
- un chapeau de cow-boy et des éperons
- une chope de bière avec la tête d'Allende ou de Bob Marley
- un couteau qui fait de la lumière ou une matraque téléscopique, pour être plus fort que Jack Bauer
- un téléphone portable ou un tamagoshi
- du shampoing, du gel douche, une bonde, un robinet et des tuyaux pour la baignoire
- des fruits de mer et des avocats
- des croquettes pour chien et des médicaments
etc...
On signalera cependant qu'à Valparaiso, nul besoin d'attendre le dimanche pour acheter tout et n'importe quoi dans la rue : toute la semaine, les trottoirs et les bus sont envahis de
marchands de confiseries, de brosses à dents, de gateaux, de rasoirs, de cadenas, de bijoux... bref d'à peu près tout ce qui peut se vendre.
Ce commerce ambulant, qui semble faire partie intégrante du quotidien des porteños (habitants de Valparaiso) est probablement lié à l'important taux de chômage que connaît la ville,
et qui s'élève à 20% !
Le 28 juin dernier, le président du Honduras Manuel Zelaya a été arrêté par
les militaires et expulsé vers le Costa Rica. Homme de centre-droit, issu d'une famille de grands propriétaires terriens, ancien leader d'une organisation patronale, et membre du
Parti Liberal, Zelaya a cependant pris un virage a gauche au cours de son mandat : lutte contre la pauvreté, augmentation des salaires, rétablissement du dialogue avec Cuba, ralliement a
l'Alliance bolivarienne pour les peuples d'Amerique fondée par Chavez et Castro...
Ce qui n'a pas plu a la droite et aux secteurs conservateurs de la société : prenant le prétexte de l'organisation par Zelaya d'une consultation populaire en vue d'autoriser le renouvellement des
mandats présidentiels*, ses opposants ont donc organisé ce qui est, sans ambiguïté, un coup d'Etat, quelques soient les réserves de la presse occidentale (voire ses efforts éhontés
pour arrondir les angles). En effet, certains journalistes semblent considérer que ce putsch, parce qu'il a été orchestrer de concert par la majorité parlementaire, l'armée et la
Cour suprême - puisse trouver quelque légitimité démocratique. Ce qui relève de la malhonnêteté ou de la stupidité, surtout quand on observe la situation qui s'est installée
depuis...
Après validation de l'expulsion de Zelaya par la Cour suprême, le président du Congrès Roberto Micheletti (parti libéral) a été nommé président de la République par intérim. Des
parlementaires opposés au coup d'Etat n'ont pas été convoqués à son investiture, et certains se sont même vu barré l'accès au Congrès. Le nouveau gouvernement ayant
déclaré l'état d'urgence dès le 1er juillet, ceux-celles qui osent manifester s'exposent à des arrestations. Voire pire : l'armée a ouvert le feu plusieurs fois sur la foule, faisant au
moins 4 morts. Afin de limiter l'écho des manifestations et des réactions internationales contre le putsch, plusieurs radios et télévisions ont été suspendues ou interdites, les autres
diffusant les programmes les plus banals qui soient. Et pour l'heure, ni la mobilisation populaire, ni la médiation du président costa-ricain n'ont permis le retour de Zelaya.
Dans le reste de l'Amerique Latine, beaucoup dénoncent cette atteinte à la démocratie, véritable coup de force de l'oligarchie et de l'armée, le tout sur fond d'impérialisme
états-unien... mais la mobilisation n'est pas à son comble, et l'unité panaméricaine professée par Hugo Chavez n'est pas encore au point. Hier, sur la Plaza Victoria de Valparaiso, un
rassemblement en soutien au peuple hondurien et contre ce coup d'Etat, n'a mobilisé qu'une quarantaine de personnes, en grande partie des militant-e-s associatifs de la Coordination
des Droits de l'Homme ; aucune organisation de la gauche politique ou syndicale n'était visible à leurs côtés.
Malgré ce triste constat - d'autant plus atterrant compte tenu de l'histoire du Chili - sur la banderole des manifestants le mot d'ordre était clair : ¡Fuera Golpistas de
Honduras! (les putchistes hors du Honduras).
Les slogans affichaient la même détermination...
"Pueblo chileno, Pueblo hondureño, luchan codo a codo, contra los gusanos"
"¡Libertad, libertad, a los pueblos por luchar!"
... et l'Oncle Sam avait les oreilles qui sifflaient :
"¡Fuera de Chile!
¡Fuera de Honduras!
¡Fuera los Yankees y sus dictaduras!"
* Quelques précisions : la Constitution hondurienne n'autorise pas le Président à effectuer plus d'un mandat, et elle interdit de revenir sur cette limitation.
Manuel Zelaya a pourtant voulu revoir cette règle, et c'est ce qui a servi de prétexte au Coup d'Etat. Un mandat présidentiel unique de 4 ans est-il suffisant ? Le débat est ouvert. Mais dans
tous les cas, il paraît difficile de voir dans Zelaya un vilain pourfendeur de Constitution. Car de quoi s'est il rendu coupable ?
Il a tenté d'organisé une consultation populaire, pour demander aux électeurs s'il fallait ou non organiser, lors des élections de novembre, un référendum portant sur la convocation d'une
assemblée constituante, qui aurait alors pu modifier cette règle... On a connu plus brutal ! Pourtant, la Cour Suprême a déclaré cette consultation illégale, suivie par le Congrès, et l'Armée,
normalement chargée d'organiser le scrutin. S'en est suivi un conflit avec le Président, et vous connaissez la suite...
Jeudi fut la journee d'atterrissage : arrivee a santiago apres survol de l'imposante cordillere des
Andes, puis trajet santiago-valparaiso en bus (encore des paysages !), et accueil chaleureux chez A. et L., de plus que sympathiques franco-chiliens qui m'hebergent le temps
que je trouve un logement.
Vendredi fut une journee premieres-recherches-de-logement, en compagnie des
camarades rennais arrives plus tot (et qui m'ont bien mache le travail !). De quoi se muscler les jambes en arpentant quelques cerros (quartiers batis sur des collines) de la ville. Avant
de feter, le soir, le depart (la despedida) de 2 de nos predecesseurs rennais.
Apres ces debuts somme toute plutot classiques - quoique tres conviviaux et ensoleilles - nous sommes entrés hier dans le vif du
sujet.
Vers 12h30, A. et L. m'emmenent a un rassemblement en
souvenir d' une jeune fille de 19 ans assassinee en pleine rue sous la dictature militaire, en 1983. Assez peu de monde - pour des raisons que j'essaierai d'expliquer ici quand
je maitriserai le sujet - mais un moment tres fort, avec chansons et lecture de textes (de Pablo Neruda notamment). Je fais la connaissance de M., une francaise qui vit ici et
milite pour les Droits de l'Homme depuis bientot 30 ans.
Vers 16h, je retrouve 4 rennais-es, une canadienne et des chilien-ne-s, avec qui nous devons nous rendre a une celebration du "jour hors du temps" du calendrier maya, quelque
part en allant vers Quilpue. Comment on a eu cette idee ? On y a ete invites par un chilien rencontre lors de nos visites d'habitations. Il nous y emmene avec ses amis, equipes d'instruments
de musique (birimbao, bombo, pandeiro, caisse claire, flutes...) Arrives devant une maison dont le grand jardin est parseme de tentes, nous nous voyons proposer bijoux et objets censes
agir sur toutes sortes d'energie de notre corps et de l'univers. Mais du cote celebration, rien ne semble se passer dans l'immediat, et les prix affiches nous font hesiter.
Et la, au 2eme etage de la maison, on tombe sur un cours de flamenco, qui a lieu ici 2 fois par semaines. Le prof (aussi prof de theatre) nous invite a entrer pour
assister et participer a son cours ! Apres ce moment culturel et impressionnant, que nous prolongeons avec nos amis chiliens par une petite samba dans la cour, nous reprenons le bus pour
aller chez eux.
On se rend donc a Playa Ancha (en attrapant au passage un espagnol rencontre par nos camarades rennaises, lors d'un arret in extremis du chauffeur), de l'autre
cote de Valparaiso, ou certain-e-s de nous decouvrent leur future universite et ses environs. Apres avoir achete des pates pour 11 personnes, on remonte dans un bus et on monte sur les hauteurs
du cerro, toujours plus haut... arrives a la sortie de la ville, on descend et on traverse des champs, jusqu'a apercevoir des chalets en bois. C'est la que nos hotes vivent, cultivent un potager
et font de la musique, entoures de chats errants et de photos des peuples amerindiens du chili...
Apres quelques heures, une platree de nouilles, du vin chaud (avec orange, canelle et miel) et des chants en diverses langues autour du feu, on se remet en route pour
attraper les derniers bus. Redescendus sur le "plan" (le bas de la ville, pres de la mer), on s'essaie au Completo (voir la page
!MANGER¡).
Puis, un petit verre de vin chilien dans un cafe restaurant ou des comediens font irruption pour nous jouer une scenette comique de leur spectacle
- un peu comedia del arte - et nous tendre leur chapeau de marin.
Enfin, je pars a l'assaut du Cerro Allegre pour regagner mon lit. Les jambes ruinees, le decalage horaire se faisant sentir une derniere fois, et l'esprit conquis par une
idee : cette annee a Valparaiso sera follement chouette.
Seule ombre au tableau : mon appareil photo est en panne. Vous devrez donc patienter pour les photos. Je sais, c'est injuste. Mais vous savez, comme dit l'autre, la vie est precaire, l'amour
est precaire... Et dans la liste des trucs à faire : aller m'enregistrer à la police et retirer mes papiers pour circuler, avant 30 jours...